Fédération des enseignantes-enseignants des écoles secondaires de l'Ontario
35 PSUO-SSUO Personnel de soutien uOttawa

Notre réponse au programme de rémunération des cadres exécutifs de l'Université d'Ottawa

La semaine dernière, le Comité exécutif de PSUO-SSUO a soumis ses commentaires au Programme de rémunération des cadres supérieurs de l'Université d'Ottawa. La lettre est ci-dessous:

 


 

 

Au nom des plus de 1,300 membres du personnel de soutien que nous représentons à l’Université, nous contestons catégoriquement l’augmentation salariale combinée de plus de 150 000 $ proposée pour les cadres supérieurs.  

 

Nous trouvons qu’il est inacceptable d’accorder de telles augmentations par les temps qui courent, alors qu’on impose des compressions financières internes partout ailleurs à l’Université. Pourquoi en exempter la haute administration?

 

Que l’Université veuille augmenter de plus de 150 000 $ le salaire de cinq cadres s’avère insultant pour le personnel, dont la charge de travail et le stress s’alourdissent avec le gel des embauches. Or, ce gel est dicté par la haute administration, d’où l’incohérence totale d’en récompenser financièrement les architectes. Depuis décembre 2016, il faut faire approuver centralement tout remplacement pour un poste vacant ou une absence à long terme, retardant ainsi la pleine dotation des unités scolaires. Les facultés et services appliquent donc les compressions imposées en laissant plein de postes vacants, pratique myope et déplorable. Maintenir qu’il faut ainsi gonfler le salaire de cadres pour conserver notre compétitivité alors que l’effectif administratif plane à son plus bas niveau de tous les temps est éhonté et démoralise davantage le personnel.

 

Le plan stratégique Destination 2020 de l’Université cite l’expérience étudiante comme but prioritaire. Il est impossible de justifier que des augmentations de dizaines de milliers de dollars pour les cadres puissent aider le moindrement à atteindre cet objectif. Plusieurs sondages révèlent la faible satisfaction  chez les étudiants en raison du manque de personnel et de ressources dans les unités scolaires. Et plus récemment, l’Université d’Ottawa occupait le dernier rang pour la satisfaction étudiante dans le classement des universités de Maclean’s.

 

 

De fait, les étudiants eux-mêmes ont exprimé leur insatisfaction dans leur journal dernièrement et ont soutenu qu’il suffirait d’ajouter au personnel scolaire de première ligne. Or, les augmentations prévues pour les cadres permettraient de combler plus de trois de ces postes à temps plein. Voilà une mesure concrète qui améliorerait la qualité de l’expérience étudiante et favoriserait l’atteinte de cet objectif dans Destination 2020.

Parmi les justifications, la proposition d’augmentation cite le défi de recruter des cadres bilingues. Pourtant, tous les postes de l’Unité PSUO-SSUO exigent un niveau élevé de bilinguisme, mais nos salaires n’en tiennent pas compte. Ne méritons-nous donc pas pareille augmentation pour cette exigence?

 

La collectivité universitaire entend sans cesse que nous composons avec un déficit budgétaire structurel. Si c’est le cas, les augmentations proposées pour les cadres en font complètement fi; c’est offusquant pour nos membres. La dissonance cognitive dont l’administration fait preuve en tenant ces deux discours est d’une absurdité choquante. Le sondage de 2017 sur le climat de travail signalait comme priorité principale le besoin de rehausser la faible confiance du personnel  à l’égard de la gestion et du leadership à l’Université. Les cinq cadres visés peuvent justement faire preuve de leadership en refusant ces augmentations et en réduisant leur salaire en solidarité avec le personnel de soutien, à qui l’on demande à répétition "d’en faire plus avec moins."

 

 

Ensemble en solidarité,

Le Comité exécutif de la PSUO-SSUO